L'Historique - De sa construction à aujourd'hui

Le Beaulieu, son histoire.

 

Les 7 et 8 décembre 1913, avait lieu la première inauguration du Beaulieu avec les films « La bataille de Waterloo » de Charles Watson, avec Ernest G. Batley dans le rôle de Napoléon et « Le secret du forçat » de Louis Feuillade, avec Jean Mareuil dans le rôle principal. Des films muets et en noir et blanc.

 

La séance du dimanche était suivie d'un bal. Déjà, dans cette salle imaginée et construite par M. Henri Rouvenaz durant la même année, les divertissements s'enchaînent et offrent aux payernois de l'époque la possibilité de vivre et de partager de précieux moments, à la fois culturels et festifs . Près de 93 ans après, nous sommes particulièrement émus et heureux de vous annoncer qu'après l'achat du bâtiment en octobre 2004, suivi d'une palpitante rénovation qui dura quasiment 2 ans, la salle ouvre à nouveau ses portes pour la même raison : partager des moments précieux, à la fois culturels et festifs .

 

Mais revenons aux origines. De 1913 à 1931, le cinéma muet partage la salle avec la danse et le billard. Puis, laisse la place au cinéma parlant grâce à l'agrandissement de la cabine de projection qui impose ce décrochement d'une partie de la façade, en dessus de la porte d'entrée. Une particularité architecturale toujours d'actualité. Les années qui suivent sont le début de l'âge d'or du Beaulieu avec une succession de films, mais aussi de spectacles donnés par de célèbres chanteurs, musiciens et comédiens de théâtre. Le casino sert aussi de salle de fêtes pour les sociétés locales et passe d'une génération à l'autre chez les Rouvenaz, toujours propriétaires des lieux. Coté bâtiment, les années cinquante et soixante se traduisent par quelques transformations : la galerie, la caisse, le bar actuel et la cuisine. Plus étonnant, une plate-forme montante en verre est construite par l'entreprise Fuchs frères, une société payernoise. Cet aménagement insolite, que nous avons choisi de mettre en valeur reste, encore aujourd'hui, une caractéristique forte de la salle.

 

La construction d'une grande salle par la commune en 1978 et l'âge avancé d'Albert Rouvenaz, dynamique maître des lieux, accentuent le déclin que vit le Beaulieu depuis quelques années déjà. On cesse d'y projeter des films et le bâtiment est vendu à la famille Sartori en 1984. Après de glorieuses années « discothèque », ceux-ci la revendent à la société RCS SA en 1988, qui en fait une sympathique salle de billard. Par la suite, la salle devra malheureusement être vendue aux enchères au Crédit Suisse et ce, après une période difficile qui la voit passer de « Rock Café » à « La Vacca », un nigth-club qui provoqua bien des remous au sein du voisinage de la rue du Jura.

 

A quelques rares exceptions, s'ensuit une longue période d'inactivité pour ce lieu qui constitue, ne l'oublions pas, un des rarissimes vestiges et témoignages de l'architecture des salles de cinéma et de spectacles de la première vague de construction en Suisse romande, au début du XXè siècles. Etonnamment, un projet de rachat par la Commune de Payerne avorte rapidement.

 

De notre côté, l'éventualité d'une acquisition passe du stade de coup de cœur à celui de faisabilité lors d'une visite complète (salle, café et appartements) en septembre 2004, suivie d'une sérieuse analyse financière. Rapidement conquis par l'atmosphère que dégage cette mythique salle, nous décidons de soumettre le projet à l'ensemble de notre famille, convaincu que leur soutien est primordial à la réussite de l'entreprise. Progressivement, le rêve devient accessible et la conviction qu'il faut se lancer et suivre notre intuition s'impose naturellement. Nous décidons alors d'engager toutes nos économies et, des projets pleins la tête, nous nous rendons chez le notaire. Nous en ressortirons le cœur battant, au bord des larmes... L'aventure peut commencer, comme avant, en partageant des moments précieux, à la fois culturels et festifs.